ADF 2025 – Les éléments clés à retenir


Introduction

L’ADF 2025 s’inscrit dans la continuité des dernières éditions, mais avec un positionnement encore plus affirmé : celui d’un secteur arrivé à un niveau de maturité élevé. Loin des effets d’annonce et des promesses spectaculaires, le salon a surtout confirmé des tendances déjà bien engagées dans les cabinets dentaires. Cette édition a mis en lumière une profession qui cherche avant tout à sécuriser son exercice, fiabiliser ses équipements et rationaliser ses choix techniques.

Plus qu’un salon de nouveautés, l’ADF 2025 a été un salon de validation : validation des orientations industrielles, validation des attentes des praticiens et validation d’un marché qui se structure autour de la durabilité, de l’usage réel et du service.


Une ambiance plus posée, reflet d’un marché arrivé à maturité

Dès les premières heures, l’atmosphère générale du salon donnait le ton. Les stands étaient plus sobres, les discours plus techniques, et les échanges nettement orientés vers des problématiques concrètes de cabinet. Les industriels n’ont pas cherché à multiplier les annonces spectaculaires, mais plutôt à mettre en avant la fiabilité de leurs gammes existantes, leur capacité d’accompagnement et la cohérence globale de leurs solutions.

Cette posture traduit un changement profond dans la relation entre fabricants et praticiens. Le temps des innovations présentées comme des ruptures absolues semble derrière nous. Les chirurgiens-dentistes attendent désormais des équipements éprouvés, des technologies maîtrisées et des solutions réellement exploitables dans le quotidien du cabinet.


L’imagerie dentaire au cœur des échanges

S’il y a bien un domaine qui a concentré l’attention à l’ADF 2025, c’est l’imagerie dentaire. Panoramique, CBCT, céphalométrie et solutions intra-orales occupaient une place centrale, aussi bien sur les stands que dans les discussions entre professionnels.

Cette omniprésence de l’imagerie reflète une réalité clinique : le diagnostic est devenu un enjeu majeur, aussi bien pour la précision des soins que pour la communication avec le patient. Le CBCT, en particulier, s’impose progressivement comme un outil de plus en plus courant dans les cabinets, bien au-delà des seules pratiques spécialisées.

Toutefois, le discours autour de l’imagerie a évolué. Il ne s’agit plus simplement de proposer des machines toujours plus performantes, mais de réfléchir à leur usage réel, à leur intégration dans le flux de travail et à leur conformité réglementaire. Les échanges ont largement porté sur la qualité d’image, la maîtrise des doses, la fiabilité des systèmes et la simplicité d’utilisation au quotidien.


Des praticiens plus exigeants et plus rationnels

L’ADF 2025 a confirmé une évolution nette du comportement des praticiens face à l’investissement matériel. La période des achats impulsifs ou purement technologiques semble s’estomper. Les chirurgiens-dentistes se montrent aujourd’hui plus prudents, plus informés et surtout plus exigeants.

Les discussions ont souvent tourné autour de la durée de vie des équipements, de la disponibilité du support technique, de la maintenance et du coût global d’exploitation. La question n’est plus seulement « que fait la machine ? », mais « comment va-t-elle fonctionner dans mon cabinet sur dix ou quinze ans ? ».

Cette approche plus rationnelle est également liée au contexte économique et réglementaire. Les praticiens cherchent à sécuriser leur activité, à éviter les interruptions liées aux pannes et à maîtriser leurs charges sur le long terme.


Le service et l’accompagnement comme facteurs déterminants

Un autre enseignement majeur de l’ADF 2025 concerne l’importance croissante du service. Installation, mise en conformité, maintenance préventive, suivi technique : ces sujets ont été au cœur des préoccupations.

Les cabinets ne veulent plus multiplier les interlocuteurs ni gérer seuls la complexité technique de leurs équipements. Ils recherchent des partenaires capables d’avoir une vision globale du cabinet, de comprendre les contraintes spécifiques de chaque installation et d’intervenir de manière cohérente et réactive.

Cette attente est particulièrement marquée pour les équipements lourds, comme l’imagerie ou les fauteuils, où une défaillance peut avoir un impact immédiat sur l’activité. Le modèle du simple vendeur de matériel montre clairement ses limites face à cette exigence de continuité et de fiabilité.


Des industriels plus sobres, mais plus techniques

Côté fabricants, l’ADF 2025 a marqué un certain recentrage. Les discours étaient moins orientés marketing et davantage axés sur les caractéristiques techniques, les retours d’expérience et les usages concrets. Cette évolution reflète une volonté de parler le même langage que les praticiens, en s’éloignant des promesses abstraites pour se concentrer sur des bénéfices mesurables.

Les gammes présentées semblaient globalement stabilisées, avec des améliorations progressives plutôt que des ruptures radicales. Cette stratégie traduit une maturité industrielle, mais aussi une réponse directe aux attentes du terrain.


Un bilan révélateur des priorités actuelles du secteur

L’ADF 2025 n’a pas bouleversé le paysage dentaire, et c’est précisément ce qui en fait un salon révélateur. Il a confirmé une tendance de fond : la profession entre dans une phase de consolidation.

Les priorités sont claires. Les praticiens cherchent à fiabiliser leurs équipements, à améliorer leur organisation et à s’appuyer sur des partenaires techniques solides. L’innovation reste présente, mais elle est désormais évaluée à l’aune de son utilité réelle et de sa capacité à s’intégrer durablement dans le cabinet.


Perspectives à moyen terme

Les tendances observées à l’ADF 2025 laissent entrevoir une évolution progressive mais structurante du marché. L’imagerie continuera de se développer, notamment le CBCT, avec une attention accrue portée à la conformité et à l’optimisation des usages. La maintenance préventive devrait prendre une place de plus en plus centrale dans la stratégie des cabinets, afin de limiter les arrêts d’activité et de sécuriser les investissements.

Enfin, la relation entre praticiens et prestataires techniques devrait continuer à évoluer vers des partenariats plus durables, fondés sur la proximité, la compétence et la transparence.


Conclusion

L’ADF 2025 n’a pas été le salon des révolutions, mais celui de la confirmation. Confirmation d’un marché plus mature, plus rationnel et plus exigeant. Confirmation d’une profession qui privilégie désormais la fiabilité, le service et la cohérence à long terme.

Un salon qui reflète finalement une réalité simple : en dentisterie, ce qui compte aujourd’hui, ce n’est pas d’avoir le dernier équipement, mais le bon équipement, bien installé, bien suivi et réellement adapté à la pratique.